Sumário
Carta do Conde Scarnafis para o ministro em Turim sobre a primeira representação, pelos comediantes portugueses, da tradução do Tartufo (13 de Dezembro de 1768)
Ano
1768
Biblioteca/Arquivo
Archivio di Stato di Torino
Cota
Lettere Ministri Portogallo, maço 4

 

Le 8 du courant leurs majestés très fidèles, l’enfant D. Pietro et les infantes ont assisté à la première représentation que les comédiens portugais ont donné du Tartuffe, traduit  en langue portugaise avec cette différence de l’original: que Tartuffe était exactement habillé

 


 

en jésuite, que dans le courant de la pièce il est très expressément question des pères de la Compagnie et qu’on y trouve des lambeaux entiers de la première partie de l’ouvrage, dont vous me dites que Mr. de Meneses venait de présenter la seconde partie.  Je suis assuré que la reine y a été a coeur. Cependant, comme le comte d’Oeiras avait probablement persuadé au roi qu’il était convenable qu’il y allait elle ne put faire à moins que de l’y accompagner et d’y mener les infantes, pour ne pas donner à cette pièce une désapprobation tacite.

 


 

Cette représentation  a non seulement surpris ceux du pays ,mais aussi les étrangers qui n’ont pu se refuser à la réflexion qu’en faisant paraitre ce habillement sur le théâtre on a exposé à la risée du public l’habillement (à peu de chose près) d’une grande partie de nos ordres religieux.

Malgré cela, tous les Portugais de crainte d’être soupçonnés de partialité s’empressent d’aller à ce spectacle.

 

[Lisbonne, ce 13 Decembre 1768]

[Votre très humble et très obéissant serviteur

De Scarnafis]

 

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Le 8 du courant LL. MM. très Fideles, l’Infant D.

Pietro et les infantes ont assisté à la premiere Representation

que les Comédiens Portugais ont donné du Tartuffe traduit

en Langue Portugaise, avec cette difference de l’original,

que Tartuffe était exactement habillé

 


 

en Jesuite, que dans le courant de la piece il est

très expressement question des Peres de la Compagnie,

et qu’on y trouve des lambeaux entiers de la premiere

partie de l’ouvrage, dont vous me dites que M.r de

Menezes venait de presenter la seconde partie.  Je suis

assuré que la Reine y a été à coeur; Cependant,

comme le Comte d’Oeyras avait probablement persuadé au

Roi qu’il était convenable qu’il y allât, Elle ne put faire

à moins que de l’y accompagner, et d’y mener les Infantes,

pour ne pas donner à cette pièce une desapprobation tacite.

 


 

Cette representation  a non seulement surpris ceux du pays, mais

aussi les étrangers, qui n’ont pû se refuser à la réflexion,

qu’en faisant paraitre cet habillement sur le théatre on a

exposé à la risée du Public l’habillement (à peu de chose

près) d’une grande partie de nos Ordres Religieux.

Malgré cela tous les Portugais, de crainte d’être

soupçonnés de partialité, s’empressent d’aller à ce

spectacle.

 

No dia 8 do corrente, suas majestades fidelíssimas, o infante D. Pedro e as infantas assistiram à primeira representação que os cómicos portugueses deram do Tartufo, traduzido em língua portuguesa com esta diferença do original: o Tartufo estava vestido exactamente

 


 

como um jesuíta e o assunto  da peça é expressamente a dos padres da Companhia. e que se encontram nela fragmentos inteiros da primeira parte da obra, de que me dizeis que o senhor  de Meneses acabava  de apresentar a segunda. Asseguraram-me que a rainha ali esteve a contra-gosto. Talvez por o conde de Oeiras  ter persuadido o rei de que era conveniente ali se deslocar ela não pôde fazer outra coisa que não fosse acompanhá-lo e levar as infantas para não atribuir a esta peça uma desaprovação tácita.

 


 

Esta representação surpreendeu não apenas os nacionais mas também os estrangeiros, que não puderam evitar pensar que ao mostrar aquele hábito no teatro  se estava a expor à risota do público os hábitos  de uma grande parte das nossas ordens religiosas.

 

Apesar disto tudo, todos os portugueses, na convicção de poderem ser suspeitos de parcialidade, apressaram-se a assistir ao espectáculo.